Église Sainte-Anne - Anseremme

Place Baudouin 1er
5500 Anseremme

Église Sainte-Anne - Anseremme

Place Baudouin 1er - 5500 Anseremme

Cette église du XXe siècle, de style néogothique n’est pas la première église d’Anseremme. Quatre anciennes églises sont attestées par des sources textuelles et matérielles. Elles furent érigées à l’ancien prieuré situé à quelques kilomètres. La destruction de la troisième église est datée de 1962 lorsque le domaine est racheté par le baron de Villenfagne.

L’érection de cette quatrième église est envisagée en 1893 alors que les barons locaux (Alexandre Bonhomme et le baron Brugmann) versent des fonds importants à la fabrique d’église afin d’ériger un nouveau lieu de culte à Anseremme. Ces donations entraînèrent par la suite d’autres donateurs privés et publics comme la commune, la province et l’État qui fournissent ainsi les derniers fonds nécessaires.

Le lieu choisi est la prairie du pont de Saint-Jean, près du centre-ville. Le chantier débute en 1906 sous la direction de deux architectes anversois : Joostens et H. Smits. L’église Sainte-Anne est livrée au culte une année plus tard.

L’église est de style néogothique, plus précisément de style néogothique dit « saint-luquiste ». Ce style architectural s’est notamment développé dans la province de Namur et fut introduit par l’architecte Auguste Van Assche au début du XXe siècle. Nous pouvons citer quelques édifices plus connus dans ce style : l’abbaye de Maredsous ou la basilique de Dadizele.

Ce style favorisait la renaissance du gothique du XIIIe siècle, dit gothique classique. Les architectes et les concepteurs désiraient à travers ce mouvement, appliquer les principes techniques et esthétiques du gothique à des constructions contemporaines tout en les adaptant aux besoins de l’époque. La décoration doit être simple, sobre et s’oppose à l’imitation et à la transposition d’éléments décoratifs gothiques (pinacles, dentelle de pierre…).

Sainte-Anne présente un plan simple : l’entrée se fait au nord par une tour couverte d’une flèche qui permet d’accéder à la nef. Celle-ci est composée d’une nef centrale et de deux collatéraux. Ces volumes sont plus bas que la nef centrale. Le chœur est à trois pans et est annexé à une petite sacristie au sud. Comme le veut le gothique « saint-luquiste » qui désire l’utilisation de matériaux naturels, toutes les maçonneries (murs, piliers arcades) sont en pierre bleue tandis que la nef centrale et le chœur sont couverts d’une voûte en berceau en bois. Les collatéraux sont couverts quant à eux par des voûtes d’arête en briques.

Durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, l’église subit de nombreux dommages. Les budgets d’aide aux dommages de guerre permettent de reconstruire la toiture de l’église, de la tour, mais également des voûtes, plafonds et vitraux. Les guerres et leurs destructions, expliquent également la disparité des éléments mobiliers présents aujourd’hui.

Les trois autels sont de l’architecte Émile Pirotte qu’il offrit à l’église. Vous les voyez récemment restaurés suite au centenaire de l’édifice. La chaire de vérité et les confessionnaux sont également conçus par Pirotte en 1911. Outre ce mobilier, Sainte-Anne possède de nombreuses statues, la plupart du XVIIIe siècle en bois peint. Nous retrouvons dans le chœur les statues de Saint-Hubert et de Saint-Antoine de Padoue, et la Vierge et Saint-Joseph adossés aux piliers de chœur.

Les vitraux ayant été soufflés durant la Seconde Guerre mondiale, ceux que nous voyons aujourd’hui datent de 1954-1955. Les vitraux du chœur présentent le Sauveur, Saint-Martin (patron des anciennes églises d’Anseremme) ainsi que Sainte-Anne tandis que les vitraux des collatéraux représentent des saints. Ces vitraux ont été exécutés d’après les cartons des anciens vitraux, posés durant l’entre-deux-guerres. Ces derniers ne firent l’objet d’aucune modification.

Nous n’allons pas énumérer tout le mobilier et toutes les décorations que l’église possède, nous invitons néanmoins le visiteur à observer quelques éléments très intéressants que recèle Sainte-Anne. Tout d’abord dans le collatéral sud, nous retrouvons une statue habillée de la Vierge. Celle-ci possède deux robes et un manteau. Cette manière d’habiller les statues remonte au XVIe siècle alors que le territoire est espagnol.

Puis dans le fonds de la nef, nous retrouvons au sud le baptistère en calcaire de Meuse recouvert d’un couvercle en laiton battu (la dinanderie). Ce dernier possède une inscription permettant de confirmer que le baptistère provient de l’ancienne église d’Anseremme ainsi que sa datation : 1582.

N’hésitez pas également à découvrir la pierre dite de justice. Élément énigmatique dont la fonction reste encore à préciser. Elle est décorée d’une scène du Christ en croix et de la Vierge. Nous distinguons aujourd’hui les traces d’armoiries et peut-être d’un millésime, malheureusement ces éléments ont été burinés, probablement après la Révolution Française. 

Margot Minette, avec l’assistance technique du Service du Patrimoine culturel de la Province de Namur. 

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