Château de Deulin - Fronville

Rue du Château 4
6990 Fronville

Château de Deulin - Fronville

Rue du Château 4 - 6990 Fronville

En province de Luxembourg, sur la commune de Hotton, le château domine le village de Deulin. Il a été édifié durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. La propriété s’étend sur 24ha, partagée entre les jardins à la française, les plans d’eau et les bois. Il est classé « patrimoine exceptionnel » de Wallonie depuis 2002, autant pour l’architecture extérieure que l’aménagement intérieur.

En 1758, la construction de ce château est entamée par Guillaume-Joseph de Harlez (1691-1763), brasseur liégeois. En 1762, ce dernier obtient le titre de Chevalier du Saint-Empire et devient seigneur de Fronville et de quelques villages voisins. La construction du château est poursuivie par son fils Simon-Joseph de Harlez, abbé de l’abbaye du Val-Saint-Lambert, chanoine de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège et conseiller personnel du prince-évêque de Liège. L’élévation des dépendances en 1786 clôture ce chantier de construction. La famille de Harlez occupe toujours les lieux aujourd’hui.

Si le nom de l’architecte n’est pas certain, les artistes ayant réalisé les décors intérieurs sont connus : le stucateur François-Joseph Dukers et le peintre Jean-Dieudonné Deneux.

Douze maisons et un chemin de circulation ont dû être déplacés pour la construction du château. Malgré la durée des travaux, la physionomie générale est d’une grande harmonie. Le château présente une architecture néo-classique typique XVIIIe siècle. Les murs sont en briques chaulées et pierre bleue sous une toiture d’ardoises mansardée et à croupettes. Les chaînages d’angles harpés rythment la verticalité. Les différentes façades sont de composition très symétrique. Vu de l’ouest, l’ensemble architectural a la forme d’un U : un corps de logis indépendant et deux ailes entourent la cour d'honneur annoncée par une double allée de tilleuls. A l’extrémité des ailes, la verticalité des deux tours de 4 niveaux sous une toiture à l’impériale à huit pans élancés et surmontés de bulbes polygonaux renforce la perspective vers le corps de logis. Ce dernier est surhaussé d’un fronton triangulaire frappé des initiales entrelacées du constructeur. Une des deux tours est affectée en chapelle. Son volume situé dans le prolongement de l’aile des communs en dissimule la fonction..

Au nord, le jardin emmuré, du XVIIIe siècle, a été replanté à la française au début du XXe siècle. À l’arrière, s’offre le parc paysager.

Le patrimoine intérieur de Deulin est également cohérent et intéressant à plus d’un titre. La décoration met en évidence le goût français de l’époque mais l’étalement des travaux diversifie les styles : baroque dans la chapelle, rococo pour les stucs du vestibule et dans la chambre des Quatre saisons, néo-classique par les stucs du salon Jaune.

Dans le vestibule, les stucs de François-Joseph Dukers présentent une riche iconographie. Il s’agit de grands panneaux au cadre mouluré et cintré par le haut, ornés de grandes guirlandes végétales, dans lesquelles le symbole de chacun des Quatre éléments est suspendu à un nœud de ruban. L’Eau est représentée par une caravelle, le Feu par une torchère, la Terre par des outils agricoles et l’Air par un aigle. Des médaillons ornent le dessus des portes. Les angles du plafond sont rehaussés de rocailles symétriques mais mouvementées.

L’actuel salon Jaune est non seulement la pièce centrale qui relie le grand salon, la salle à manger et le vestibule mais est aussi la seule pièce du rez-de-chaussée à être orientée entièrement vers le parc paysager et sa longue terrasse.

Deux remarquables ensembles de toiles peintes décorent le château. Dans le grand salon de Musique, au-dessus des portes, des bouquets de fleurs savamment composés en avant-plan d’éléments d’architecture classique illustrent un trait commun des décors intérieurs de nos régions. Ces quatre toiles ne sont ni datées ni signées mais une étude les situe entre 1770-80. Dans la salle à manger, les murs sont décorés de quatorze peintures de trophées et de natures mortes de chasse mis en évidence par des cadres rococo. Le grand trophée au chevreuil porte la signature de D. Deneux. Cet ensemble complet de toiles du XVIIIe siècle, daté et signé, conservé in situ et en bon état est exceptionnel.

Julien Bohet, avec l’assistance technique du Service du Patrimoine culturel de la Province de Namur.

A cet endroit :

Emmanuelle Bertrand - I

Emmanuelle Bertrand - II

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