Ancienne Abbaye de Grandpré

rue de l'Abbaye 2
5340 Faulx-les Tombes

Ancienne Abbaye de Grandpré

rue de l'Abbaye 2 5340 Faulx-les Tombes

A l’écart du village de Faulx-les Tombes, cette ancienne abbaye cistercienne fut fondée par des moines venus de Villers-la-Ville. Cette fondation faisait suite à un vœu émis par le comte de Namur, Philippe II de Courtenay, avant de partir en croisade contre les Albigeois. Décédé en 1288, il n’eut pas le temps de l’accomplir. Sa sœur, Marguerite, épouse de Henri de Vianden, l’exécuta. L’abbaye de Villers possédait déjà de nombreux biens dans le namurois, dont une grange à Grandpré, ce qui explique dette implantation.

Au fil des siècles, dotations et acquisitions permirent à l’abbaye, placée sous le patronage de Notre-Dame, de se constituer une importante propriété foncière. Sa mise à sac en 1740 par les Hollandais provoqua une grande campagne de reconstruction. Malheureusement, l’abbaye subit le sort des biens de l’Eglise à la révolution française. D’abord refuge pour huit cents malades, elle fut vendue comme bien national avant de changer de mains à de nombreuses reprises.

C’est à cette époque qu’elle fut saccagée et servit de carrière. L’église et le premier carré des bâtiments claustraux disparurent. Le baron de Stassart, président du Sénat et gouverneur de la province de Namur, céda le bien le 20 décembre 1832 à la famille Le Grand.

L’ancienne propriété a conservé son aile d’entrée avec un remarquable porche classique, un logis de deux niveaux, l’imposante ferme du 17e siècle groupant ses bâtiments autour d’une cour irrégulière et, au-delà, un ancien moulin.

Grandpré est depuis longtemps une propriété privée qui fait l’objet d’une restauration patiente et respectueuse. En réussissant à racheter, en 1988, l’ancienne abbaye cistercienne de l’endroit, Jacques le Grand n’a fait que récupérer un bien familial qu’il avait bien connu dans sa jeunesse. Lui-même et son épouse ont été fascinés par la devise chronogramme qui apparaît, dans le phylactère, en haut du porche (« Con Delectatur in Umbra ») qui, outre qu’elle renseigne sur la date de construction de cette partie de l’édifice (1772), inspire aussi l’esprit des lieux : « Que l’on est bien à l’ombre ».

Les bâtiments et le site de dix hectares sont classés « monuments historiques ».

André Gilain

A cet endroit :

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